Tu veux qu’il comprenne enfin ce que tu veux ? Envoie-lui cet article.
Il y a une expression qui me fait toujours sourire :
« Les films de bonnes femmes. »
Tu sais, ceux que certains hommes regardent de loin avec cet air légèrement supérieur réservé aux comédies romantiques, aux histoires de désir féminin et aux séries dans lesquelles une femme ose avoir une vie intérieure un peu plus complexe que « qu’est-ce qu’on mange ce soir ? ».
50 nuances.
365 jours.
Sex/Life.
Des films et des séries souvent moqués, caricaturés, réduits à des fantasmes pour femmes en manque d’imagination.
Et si on s’était trompé de public depuis le début ?
Les femmes n’ont peut-être pas besoin de ces films pour apprendre ce qu’elles veulent. Certains hommes, en revanche, devraient probablement prendre des notes.
Parce que derrière les milliardaires beaucoup trop beaux pour être honnêtes, les appartements indécents et les scènes de sexe éclairées comme des publicités pour parfum, il y a quand même 2 ou 3 choses intéressantes.
Le regard.
L’attention.
L’initiative.
Le sentiment d’être désirée comme une femme entière et pas simplement identifiée comme la personne officiellement chargée du stock de compotes.
Alors oui, appelons-les des « films de bonnes femmes » si ça amuse encore quelqu’un.
Mais dans ce cas, messieurs : considérez-les comme du matériel pédagogique.
Les « films de bonnes femmes » sont peut-être surtout des tutoriels pour hommes
Évidemment, personne ne demande à son conjoint de se transformer demain matin en Christian Grey.
Déjà parce qu’on a une vie.
Et ensuite parce qu’entre le fantasme cinématographique et la cohabitation avec un milliardaire légèrement inquiétant, il y a quand même une marge.
Mais ce que montrent très bien ces histoires, ce n’est pas tellement le sexe.
C’est tout ce qu’il y a avant.
Un homme qui regarde vraiment.
Qui remarque.
Qui crée une situation.
Qui propose quelque chose plutôt que d’attendre éternellement qu’on lui fournisse le programme complet avec horaires, adresse et confirmation Google Agenda.
Le problème, ce n’est donc pas que les femmes fantasment sur des scénarios impossibles.
Le problème, c’est peut-être que certains de ces scénarios montrent une chose devenue étrangement exotique dans certains couples :
un homme qui participe activement au désir.
Le désir ne commence pas quand quelqu’un éteint la lumière
C’est probablement la leçon numéro 1 de tous ces films.
La scène sexy dure quelques minutes.
La tension, elle, a commencé bien avant.
Dans un regard.
Une attention.
Une façon de se parler.
Dans le fait de sentir que l’autre est encore curieux de toi.
Et ça, après 10 ans de couple, 2 enfants, 14 lessives et une conversation passionnante sur le rendez-vous chez l’orthodontiste, ce n’est pas franchement automatique.
Le désir peut difficilement être convoqué à 22h47 simplement parce que toutes les tâches de la journée viennent enfin d’être rayées.
Le bouton ON n’est pas livré avec l’utérus.
C’est d’ailleurs tout le sujet de mon article sur la charge mentale qui devient le vrai tue-le-désir dans le couple . Quand ton cerveau est encore en train de gérer les sacs de sport, les mails et le repas de demain, difficile de lui demander simultanément de jouer dans Sex/Life.
Non, le message n’est pas : « comporte-toi comme le héros »
Parce que je vois déjà arriver l’interprétation littérale.
Non.
Le but n’est pas de réserver un jet privé, acheter une cravate grise ou débarquer avec un regard ténébreux en expliquant qu’on a compris les femmes.
On parle de cinéma.
Le décor est exagéré.
Les personnages aussi.
Ce qui mérite d’être récupéré, c’est autre chose :
- Créer du désir au lieu de simplement le réclamer.
- Prendre des initiatives sans transformer sa partenaire en organisatrice de ses propres surprises.
- Continuer à regarder la femme qu’on aime comme une femme.
- Connaître ses envies parce qu’on l’écoute vraiment, pas parce qu’on prétend lire dans ses pensées.
- Faire vivre le couple ailleurs qu’entre la cuisine et le rappel Doctolib.
Parce que le fantasme n’est pas nécessairement « je veux cet homme-là ».
Il peut être beaucoup plus simple :
« J’aimerais encore être regardée comme ça. »
Une femme ne disparaît pas le jour où elle devient maman
Et là, on arrive probablement au cœur du sujet.
Parce que dans beaucoup de couples, après quelques années, la femme devient progressivement :
la maman.
L’organisatrice.
La personne qui sait quand il faut racheter du dentifrice.
Celle qui pense au cadeau de la maîtresse, au rendez-vous médical, au pyjama trop petit et au fait que le frigo contient exactement 1 yaourt et demi.
Tout cela est très utile.
Beaucoup moins érotique.
Et à force d’être regardée uniquement comme une fonction familiale, il peut arriver qu’une femme finisse par ne plus vraiment se sentir regardée du tout.
Je peux être une excellente mère. Ça ne m’oblige pas à devenir invisible comme femme.
C’est aussi pour ça que les fameuses héroïnes de « films de bonnes femmes » touchent quelque chose.
On les regarde.
On les désire.
On les surprend.
Elles ne sont pas uniquement définies par la liste des choses qu’elles ont correctement gérées dans la journée.
Et parfois, devant son écran, une femme ne se dit même pas :
« Je veux cette histoire. »
Elle pense simplement :
« Tiens. J’aimerais bien redevenir le personnage principal de la mienne. »
Quand tu deviens figurante dans ta propre vie, quelque chose cloche.
Charge mentale, colère rentrée, personnes qui prennent toute la place… parfois, reprendre le contrôle commence simplement par arrêter de s’excuser d’exister. Reprendre le premier rôle →
Arrêter de faire semblant que tout nous convient très bien
Il y a autre chose que ces films racontent très bien.
Le moment où une femme réalise que la vie qu’elle a construite ne suffit plus à expliquer la femme qu’elle est devenue.
Ça ne veut pas dire qu’elle veut tout quitter.
Ça ne veut pas dire que son couple est mauvais.
Ça veut encore moins dire qu’elle rêve secrètement d’un milliardaire tatoué qui conduit trop vite.
Mais parfois, on a tellement joué le rôle attendu qu’on finit par ne plus savoir très bien où est passée la personne sous le costume.
J’en parle aussi ici : pourquoi certaines femmes finissent par simuler leur propre vie . Pas uniquement leur plaisir. Leur enthousiasme, leur satisfaction, leur fameux « tout va bien » aussi.
Le cinéma adore le début de l’amour. La vraie vie commence souvent après.
Et là, j’ai quand même un reproche à faire à tous ces films.
Ils sont formidables pour raconter le début.
La rencontre.
La tension.
L’attente.
Le premier baiser.
Le problème, c’est qu’ils disparaissent souvent précisément au moment où ça devient intéressant.
Parce que maintenir du désir après 8 ans, c’est autrement plus sportif que séduire quelqu’un qu’on connaît depuis 3 semaines.
Le cinéma sait parfaitement raconter l’étincelle.
Il parle beaucoup moins de la façon dont on évite qu’elle termine enterrée sous les courses Carrefour et la fatigue du jeudi soir.
C’est justement ce qui m’a donné envie d’écrire Pourquoi l’amour au cinéma est un éternel premier chapitre . Le « ils vécurent heureux » est charmant. Personnellement, j’aimerais parfois voir l’épisode du mardi soir 9 ans plus tard.
Ce que beaucoup de femmes veulent n’a finalement rien de très mystérieux
Non, évidemment, toutes les femmes ne veulent pas la même chose.
Et heureusement.
Mais si je devais résumer ce que racontent ces films qui parlent tellement à leur public féminin, je garderais ceci :
Messieurs, arrêtez de vous moquer. Regardez donc 2 ou 3 épisodes.
Pas pour reproduire les scènes.
Pas pour apprendre une chorégraphie.
Et surtout pas pour en conclure que toutes les femmes rêvent exactement de la même chose.
Mais pour observer.
Pourquoi telle scène fonctionne.
Pourquoi tel regard compte davantage que 1 bouquet.
Pourquoi une initiative peut être sexy.
Pourquoi une femme déjà épuisée de devoir penser à tout n’a pas forcément envie qu’on lui demande encore :
« Bon, alors, tu veux faire quoi ? »
Et pourquoi le désir féminin n’est peut-être pas cette mystérieuse créature mythologique qu’on nous présente depuis toujours.
Parfois, elle veut juste arrêter d’être la seule scénariste.
Le fantasme ultime n’est peut-être pas le héros du film. C’est parfois simplement un partenaire qui a compris qu’il avait aussi un rôle à jouer.
À lire aussi : puisqu’on parle de cinéma jusque dans le lit, reste une question hautement stratégique : mettre une télé dans la chambre, bonne ou mauvaise idée ? Oui, même ce genre de détail peut déclencher un débat de couple.
Finalement, ces films ne parlent pas seulement aux femmes. Encore faut-il que les hommes acceptent de regarder.
Alors oui, continuez à les appeler « films de bonnes femmes » si vraiment ça vous fait plaisir.
Nous, on les regardera.
On sourira devant les situations improbables.
On lèvera parfois les yeux au ciel.
On profitera quand même du héros ridiculement bien éclairé.
Mais surtout, on reconnaîtra derrière le fantasme quelque chose de beaucoup moins extravagant :
le besoin d’être vue.
désirée.
surprise.
considérée comme une femme entière.
Et ça, finalement, ne demande ni yacht, ni penthouse, ni contrat de 80 pages.
Ça demande surtout de ne pas laisser l’autre devenir un meuble très efficace de la maison.
« Film de bonnes femmes » ? J’appellerais plutôt ça de la formation continue.
Et toi, quel film ou quelle série t’a déjà fait penser : « voilà, c’est exactement ÇA qu’ils ne comprennent pas » ?
Ça t’a parlé ?
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Mila Clapelin
Salut, c'est Mila. Je suis une blogueuse slow, une maman quadra et une grande adepte du « good enough ». Ici, je te parle de vie de femme, de maison, de charge mentale, de décoration et de toutes ces petites choses qui nous aident à prendre un peu plus de place dans nos vies. Bienvenue dans mon univers. Fais infuser ton thé, installe-toi.