Et si ces deux concepts n’étaient pas aussi proches qu’ils en ont l’air ?
La maman hybride m’a permis de me reconnaître. La slow maman m’a permis de me retruver.
Pourquoi de plus en plus de femmes ne se reconnaissent plus dans un seul rôle
Pendant longtemps, j’ai cherché à comprendre pourquoi je me sentais parfois dispersée.
Pas malheureuse,
pas perdue.
Simplement dispersée.
Comme si une partie de moi courait dans une direction tandis qu’une autre regardait ailleurs.
J’étais maman.
Je travaillais.
Je gérais une maison.
J’écrivais.
Je m’occupais de ma famille.
Je faisais des projets.
Je pensais aux vacances.
Mais aussi..
Aux rendez-vous.
Aux courses.
Aux anniversaires.
À tout.
Tout le temps…
Et pourtant, malgré cette vie bien remplie, il m’arrivait de ressentir une étrange frustration.
Comme si quelque chose m’échappait.
Comme si la femme que j’étais passait parfois derrière toutes les choses que j’avais à faire.
Je sais aujourd’hui que je suis loin d’être la seule.
Nous sommes nombreuses à vivre plusieurs vies dans une seule journée.
Nous passons d’un rôle à l’autre sans même nous en rendre compte.
Une vraie équilibriste !
Mère à 7 heures.
Salariée à 9 heures.
Organisatrice familiale à midi.
Infirmière improvisée à 18 heures.
Conjointe le soir.
Et parfois plusieurs rôles en même temps.
À force, une question finit par apparaître :
Qui sommes-nous lorsque tous ces rôles se taisent en fin de soirée ?
Quand tout le monde est couché,
et qu’on reste seule avec nos pensées…
Maman hybride : quand la réalité du quotidien devient un concept
Quand j’ai commencé à parler de maman hybride sur Be by Maman, beaucoup de femmes se sont reconnues.
Et je les comprends.
[Un gros merci en passant]
Parce que ce concept est né d’un constat très simple.
Nous ne sommes plus définies par une seule identité.
Nous sommes multiples.
Nous naviguons constamment entre plusieurs univers.
Nous sommes capables de passer d’un dossier professionnel à un devoir de mathématiques en quelques minutes.
De préparer une réunion tout en pensant à la liste de courses.
De répondre à un client tout en organisant un rendez-vous médical.
Cette réalité méritait un nom.
La maman hybride est née de là.
Pas comme une philosophie.
Comme une observation.
Comme une photographie de la femme moderne.
Et cette photographie est juste.
Parce qu’elle montre quelque chose que nous ressentons toutes :
Nous ne sommes plus une seule personne à la fois.
Nous sommes une mosaïque.
Une addition de rôles.
Une femme capable d’occuper plusieurs espaces simultanément.
Lorsque j’ai mis des mots sur cette réalité, j’ai ressenti un immense soulagement.
Enfin, je comprenais pourquoi certaines journées me semblaient si lourdes.
Enfin, je comprenais pourquoi mon cerveau ne s’arrêtait jamais.
Enfin, je comprenais pourquoi j’avais parfois l’impression d’être partout sans être vraiment quelque part.
Mais avec le recul, je réalise quelque chose.
La maman hybride m’a aidée à comprendre ma fatigue.
Pas encore à comprendre ma direction.
Être une maman hybride est-il devenu épuisant ?
Soyons honnêtes entre mamans…
Être une maman hybride peut être extraordinaire.
J’aime la diversité de ma vie.
J’aime pouvoir être plusieurs choses à la fois.
J’aime ne pas être enfermée dans une seule case.
Mais cette richesse a aussi un prix.
Parce que changer de rôle en permanence demande une énergie considérable.
Le cerveau doit constamment s’adapter.
Passer d’un univers à l’autre.
D’une priorité à une autre.
D’une responsabilité à une autre.
Sans pause,
sans transition,
sans mode d’emploi.
Et surtout, avec cette petite voix permanente qui nous rappelle tout ce qu’il reste à faire.
C’est là que la charge mentale entre en scène.
Pas uniquement comme une liste de tâches.
Mais comme un bruit de fond permanent.
Un onglet ouvert dans notre tête.
Puis deux.
Puis dix.
Puis cinquante.
Et pour toi, ça ne fait pas la même chose ?
À force, nous finissons par croire que cette agitation intérieure est normale.
Que penser à tout est une preuve d’amour.
Que tout porter est une preuve de compétence.
Que s’oublier est une preuve de dévouement.
Pourtant, quelque chose me dérange dans cette idée.
Pourquoi applaudissons-nous encore les femmes qui s’épuisent ?
Pourquoi admirons-nous celles qui tiennent coûte que coûte ?
Pourquoi considérons-nous souvent l’épuisement comme une médaille ?
« Comprendre pourquoi j’étais fatiguée ne m’expliquait toujours pas où je voulais aller. »
Et c’est exactement là que mon regard a commencé à changer.
Pensée après pensée,
Article après article.
Pourquoi la maman hybride ne suffisait plus à me définir
Attention.
Cela ne veut pas dire que la maman hybride était une erreur.
Bien au contraire.
Je continue de me reconnaître dans ce concept.
Je suis toujours une maman hybride aujourd’hui.
Je porte toujours plusieurs rôles.
Je continue à jongler entre différentes responsabilités.
Je continue à vivre plusieurs vies dans une seule journée.
Mais quelque chose avait changé.
J’avais compris ce que je vivais.
Je n’avais pas encore compris ce que je voulais en faire.
Parce qu’à force de parler de rôles, une question a fini par émerger.
Une question simple,
mais redoutable.
Est-ce que tous ces rôles définissent réellement qui je suis ?
Ou décrivent-ils seulement ce que je fais ?
La nuance est immense.
Et c’est probablement le tournant le plus important de mon cheminement.
Parce qu’une femme n’est pas uniquement la somme de ses fonctions.
Une femme n’est pas uniquement ce qu’elle produit.
Ce qu’elle organise,
ce qu’elle accomplit,
ce qu’elle gère.
Sinon, que reste-t-il lorsqu’elle s’arrête ?
Faire ou être : telle est la question (et elle a tout changé)
Je crois que c’est ici que se trouve la véritable différence.
Pendant (trop) longtemps, je me suis concentrée sur le faire.
Faire avancer les choses?
faire tourner la maison,
faire grandir les enfants.
faire fonctionner le quotidien de chacun.
Faire.
Faire.
Faire.
Et encore faire.
Comme beaucoup de femmes.
Parce que notre société valorise énormément l’action.
La performance.
L’efficacité.
La productivité.
Nous apprenons très tôt à mesurer notre valeur à travers ce que nous accomplissons.
Mais un jour, je me suis posé une autre question.
Qui ai-je envie d’être ?
Pas :
Que dois-je faire aujourd’hui ?
Pas :
Que reste-t-il sur ma liste ?
Pas :
Qu’attend-on de moi ?
Mais :
Qui ai-je envie d’être ?
Cette question paraît simple.
Elle ne l’est pas.
Parce qu’elle nous oblige à regarder au-delà de nos rôles.
Au-delà de nos obligations.
Au-delà de nos automatismes.
Elle nous oblige à revenir vers nous-mêmes.
Et c’est précisément ce mouvement qui a donné naissance à la slow maman.
Comment la slow maman a changé ma façon de voir ma vie
La slow maman n’est pas arrivée comme une révélation spectaculaire.
Elle est arrivée doucement.
Comme une évidence.
Mais en chuchotant…
Comme une réponse à une question que je me posais depuis longtemps sans parvenir à la formuler.
Je ne voulais plus uniquement comprendre ma vie.
Je voulais recommencer à la choisir.
Et c’est là toute la différence.
Car la slow maman ne m’a jamais demandé de faire moins.
Je travaille toujours.
Je gère toujours une maison.
Je suis toujours mère.
Je suis toujours une femme aux multiples facettes.
La différence est ailleurs.
Elle se trouve dans le regard que je porte sur tout cela.
Aujourd’hui, je me demande plus souvent :
Est-ce que cela a du sens pour moi ?
Est-ce que cela nourrit la vie que j’ai envie de construire ?
Est-ce que je suis en train de choisir ?
Ou simplement de reproduire ?
Cette philosophie ne supprime pas les contraintes.
Elle redonne une direction.
Et pour moi, c’est énorme.
« La slow maman n’a pas remplacé la maman hybride. Elle lui a donné une direction. »
Slow maman et maman hybride : deux visions complémentaires de la femme moderne
Pendant un moment, j’ai cru que je devais choisir entre les deux.
Aujourd’hui, je sais que ce serait une erreur.
Parce que la maman hybride et la slow maman ne racontent pas la même chose.
Elles ne répondent pas à la même question.
La maman hybride explique notre réalité.
La slow maman interroge notre manière de la vivre.
La maman hybride parle de nos rôles.
La slow maman parle de nos choix.
La maman hybride décrit le mouvement.
La slow maman questionne la direction.
La maman hybride nous aide à comprendre pourquoi nous sommes dispersées.
La slow maman nous aide à retrouver un centre de gravité.
L’une n’annule pas l’autre.
Au contraire.
Et je crois qu’elles ont besoin l’une de l’autre.
Comme des copines qui se comprennent
Parce qu’on ne peut pas choisir consciemment sa direction si l’on ne comprend pas d’abord ce que l’on vit.
Si je devais résumer la différence en une phrase, ce serait celle-ci :
La maman hybride est dans le faire.
La slow maman est dans l’être.
La vraie différence entre une maman hybride et une slow maman
Cette nuance peut sembler subtile.
Pour moi, elle a pourtant tout changé.
Parce qu’elle déplace le centre de gravité.
La maman hybride répond à la question :
« Que fais-tu ? »
La slow maman répond à la question :
« Qui veux-tu être ? »
Alors on va faire simple…
La maman hybride décrit la réalité de nombreuses femmes.
La slow maman propose une manière de l’habiter.
La maman hybride explique pourquoi nous courons.
La slow maman nous demande où nous voulons aller.
La maman hybride parle de multiplicité.
La slow maman parle d’alignement.
La maman hybride raconte notre quotidien.
La slow maman nous invite à reprendre notre place dans ce quotidien.
« La maman hybride raconte ma vie.
La slow maman m’aide à la choisir. »
Peut-on être à la fois maman hybride et slow maman ?
Je crois même que c’est exactement ce que je suis devenue.
Je suis toujours une maman hybride.
Je continue à faire beaucoup de choses.
Je continue à porter plusieurs rôles.
Je continue à jongler.
Je continue à gérer.
Mais désormais, quelque chose a changé.
Je ne vis plus uniquement dans le faire.
Je laisse davantage de place à l’être.
Même si je plie toujours le linge.
Sauf les jours où je préfère écouter de la musique en jouant aux cartes avec ma famille.
Je continue à gérer ma maison.
Sauf les matins où j’ai envie de transformer ma salle de bain en spa improvisé.
Je continue à être responsable.
Mais je refuse désormais que toutes mes responsabilités passent avant moi.
Parce que j’ai compris quelque chose d’essentiel.
Le problème n’est pas le linge.
Le problème n’est pas la charge mentale.
Le problème n’est même pas le fait d’être hybride.
Le problème apparaît lorsque nous oublions la femme derrière tout cela.
Et c’est précisément ce que la slow maman est venue me rappeler.
Faire est nécessaire.
Faire fait partie de la vie.
Mais être est essentiel.
Parce qu’au bout du compte, nous ne sommes pas uniquement ce que nous faisons.
Nous sommes aussi ce que nous choisissons de devenir.
Et c’est exactement entre ces deux mondes que j’ai trouvé ma place.
« La maman hybride m’a permis de me reconnaître. La slow maman m’a permis de me retrouver. »
Quand quelqu’un te demande qui tu es, réponds-tu avec tes rôles… ou avec ce qui te fait vibrer ?