Laryngomalacie chez le bébé : 3 ans après, ce témoignage que j’aurais aimé lire
Quand tout commence… sans qu’on comprenne vraiment
Mon petit garçon a été diagnostiqué avec une laryngomalacie dès la naissance.
Un mot compliqué, posé presque froidement, alors que pour nous, tout venait juste de commencer.
Il est né par césarienne, trois semaines avant terme. Un très beau bébé de 4,15 kg. Un beau départ sur le papier. Mais très vite, quelque chose n’allait pas.
Son larynx était immature.
Et cela compliquait tout.
Respirer. S’alimenter. Avaler.
À chaque biberon, une grande partie du lait coulait sur son visage. Comme si ça ne convenait pas, comme si on faisait mal.
C’était dur à voir. Déroutant. Injuste, même.
Et surtout, il y avait ce bruit.
Ce “bruit” que seules les mamans concernées reconnaissent immédiatement.
Ces premières semaines où la peur prend toute la place
Ce bruit nous a volé nos nuits pendant des semaines.
Chaque respiration devenait une alerte.
Chaque silence, une angoisse.
Pendant près de deux mois, je n’ai presque pas dormi.
On surveillait. On écoutait. On anticipait.
Et puis, doucement… on s’est adaptés.
Je me suis refusée à dire que mon fils était malade.
Il n’était pas malade.
Il avait simplement besoin de temps.
Apprendre à vivre avec… et à ralentir
On a appris à lui donner le biberon différemment.
Plus lentement. Plus calmement.
Avec lui, tout demandait de la patience.
Les repas devenaient des moments suspendus.
Presque précieux.
Comme si chaque prise était une petite victoire.
Mais en parallèle, sa prise de poids devenait une source d’inquiétude.
Lui qui était né bien au-dessus des courbes…
s’est retrouvé en dessous pendant de longs mois.
La fameuse courbe que tous les parents regardent.
Et redoutent.
Une vigilance constante… parfois excessive
Très vite, la peur s’est installée dans notre quotidien.
On avait l’impression qu’il ne fallait surtout pas ajouter de problème à ce qu’il vivait déjà.
Alors on a fait attention à tout.
Peut-être trop.
Il était constamment dans une bulle désinfectée.
Pendant deux ans, il n’a jamais été malade.
Pas un rhume. Pas une fièvre.
Une victoire pour nous.
Mais aussi le signe qu’on vivait dans une forme de surprotection.
Le regard des autres… et le besoin de protéger
Je me souviens de sa nounou, lorsqu’il avait 3 mois.
Elle aussi a été marquée par sa respiration.
Ce bruit fort. Comme s’il manquait d’air.
Elle n’osait pas le laisser seul.
Comme nous finalement.
Parce que quand on a vécu ces premières semaines à écouter chaque souffle…
on ne peut plus faire “comme si de rien n’était”.
Quitter la même pièce que lui était source d’angoisse.
Ne plus entendre le « bruit » était alarmant.
La première année : entre attente et espoir
Malgré tout, quelque chose a commencé à changer.
Dès la première année, ce fameux bruit a diminué.
Progressivement.
Sans qu’on s’en rende vraiment compte.
Car à force de vivre avec, on était habitué.
Et avec lui est partie un peu de notre peur.
On savait que lorsque son larynx serait à maturité, tout irait mieux.
On s’y accrochait.
Et on a eu raison.
Grandir à son rythme… même quand il est différent
À 2 ans, mon fils était encore petit.
Une “crevette”, comme on dit.
Pas maigre. Pas fragile.
Juste en dessous des attentes médicales.
Mais nous, on savait.
On savait d’où il partait.
Et on savait surtout qu’il avançait.
L’entrée à l’école : une nouvelle étape
Je me souviens très bien de sa première rentrée en maternelle.
Ce n’était pas simple.
Impossible pour lui de tenir une journée complète au début.
Alors on a parlé.
Expliqué. Raconté son histoire.
Et la directrice a compris immédiatement.
Il a commencé par des demi-journées.
Puis, petit à petit, il a trouvé son rythme.
Jusqu’à tenir des journées complètes, comme les autres enfants.
Et dans sa classe, il y avait d’autres “petites crevettes”.
Sans histoire particulière.
Comme quoi… chaque enfant a son rythme.
Aujourd’hui : 3 ans après… et même plus
Aujourd’hui, mon fils a 4 ans.
Et tout cela semble loin.
Il a grandi.
Énormément grandi.
Comme s’il rattrapait le temps.
Les rendez-vous à l’hôpital, les traitements avant les repas, les pesées régulières, ce bruit si particulier… tout appartient au passé.
Aujourd’hui, il est simplement un enfant.
Dynamique. Joyeux. Plein de vie.
Et surtout… parfaitement normal.
La page laryngomalacie est définitivement fermée !
À toi qui viens de recevoir ce diagnostic
Si tu lis ces lignes aujourd’hui, c’est peut-être que tu es au début de ce chemin.
Et je sais.
Je sais à quel point c’est difficile d’écouter son bébé respirer.
À quel point chaque bruit peut devenir une source d’angoisse.
Mais écoute-moi.
C’est un passage.
Les médecins sont là pour prévenir le pire.
C’est leur rôle.
Mais le meilleur… c’est à toi de le voir.
Regarde ton bébé.
Il est là. Il est beau. Et il va grandir.
Avec toi.
Et un jour, sans même t’en rendre compte…
tu n’écouteras plus sa respiration.
Si ton bébé vient d’être diagnostiqué, comment vis-tu ces premières semaines ?
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