Ça n’aurait jamais dû finir comme ça.
Deux mois. Pas deux ans, pas deux semaines, mais deux mois de bonheur intense, de promesses, de gestes qui disaient « je suis là », d’un engagement qui semblait solide. Et puis… un message. Flou. Déroutant.
Pas une vraie rupture, pas une explication claire. Juste quelques mots envoyés par WhatsApp, suivis d’une promesse d’explications plus approfondies qui ne sont jamais venues. Malgré mes questions, malgré ma demande de comprendre, le silence s’est installé. Un silence qui, à lui seul, finit par dire beaucoup.
Ce qui rend cette situation particulièrement difficile à encaisser, ce n’est pas seulement la fin de l’histoire, mais son incohérence. Comment peut-on s’investir aussi vite, aussi intensément, parler de projets, de continuité, d’avenir… puis se retirer sans affronter ce que cela provoque chez l’autre ? Cette question me hante d’autant plus que ce n’est pas la première fois que je vis ce scénario. C’est même la troisième.
Trois histoires différentes, trois hommes différents, et pourtant un schéma qui se répète : un engagement rapide, total, presque rassurant par son évidence, suivi d’un recul brutal. Pas toujours assumé comme une rupture, rarement expliqué clairement. Comme si l’intensité du départ rendait impossible la responsabilité de la fin.
Ce texte n’est pas une accusation, encore moins une généralisation. C’est un besoin de comprendre. Comprendre ce mécanisme étrange où l’on donne beaucoup, très vite, puis où l’on se dérobe dès que la relation devient réelle, concrète, engageante au-delà de l’élan initial. Comprendre aussi ce que cela produit chez celles qui restent, avec leurs questions, leurs doutes, et ce sentiment persistant de ne pas avoir eu droit à une vraie parole de clôture.
Cet épisode fait partie de ces expériences qui m’ont poussée à écrire. Pas uniquement sur les ruptures, mais sur ce qu’elles révèlent de nous, de nos attentes, de nos limites et de notre façon d’aimer. Ni parfaite, ni perdue est né comme un espace de réflexion plus large : sur la vie d’une femme de 40+, sur la parentalité, sur les relations — amoureuses ou non —, sur les périodes de transition, et sur cette zone floue où l’on se reconstruit sans avoir toutes les réponses. J’y mêle des récits vécus, des questionnements personnels et des observations ancrées dans le réel, sans chercher à donner de leçons ni de recettes.
Avec le recul, je refuse de réduire ces histoires à un simple échec personnel ou à un manque de discernement. Elles parlent aussi de notre époque, de la difficulté à soutenir l’engagement sur la durée, de la peur de décevoir, de la tentation de disparaître plutôt que d’affronter l’inconfort d’une discussion honnête. Elles interrogent notre rapport à l’autre, mais aussi à nous-mêmes.
Ce « coup de gueule » n’est pas dirigé contre un homme en particulier. Il s’adresse plutôt à ce fonctionnement relationnel qui laisse l’autre dans l’incompréhension, et qui fait parfois plus de dégâts que la rupture elle-même. Mettre des mots dessus, les écrire, les partager est, pour moi, une façon de reprendre pied, de transformer l’incohérence en matière à réflexion, et peut-être aussi d’offrir un écho à celles qui se reconnaîtront dans ces lignes.
Bio de Maryna
Ni parfaite, ni perdue – un espace pour partager expériences et réflexions de femmes de 40+, entre vie personnelle, parentalité et interculturalité.
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