À partir de quand une femme devient-elle une « feignasse » ?
Je crois qu’il est temps d’arrêter d’admirer les femmes épuisées.
Pourquoi admire-t-on autant les mamans qui s’épuisent ?
Pendant longtemps, j’ai cru que les meilleures mamans étaient celles qui couraient partout 🙁
Celles qui arrivaient à tout gérer. Les rendez-vous médicaux, les anniversaires, les lessives, les repas maison, les cadeaux de fin d’année, les sorties scolaires, le travail, les papiers administratifs… et qui trouvaient encore le temps de répondre avec le sourire : « Ça va, tout roule ! »
On les admire.
On les félicite.
On les prend même en exemple.
Comme si l’épuisement était devenu une médaille.
Et puis un jour, je me suis demandé quelque chose de profondément dérangeant.
Pourquoi une femme qui s’arrête est-elle si vite perçue comme quelqu’un qui ne fait pas assez ?
Pourquoi avons-nous tant de facilité à admirer celles qui s’oublient… et tant de mal à comprendre celles qui lèvent le pied ?
Je crois que nous avons fini par confondre deux choses : être une bonne maman et être une maman qui s’épuise.
Et cette confusion est peut-être l’une des plus grandes arnaques qu’on ait vendues aux femmes.
Alors aujourd’hui, je vais te proposer une idée qui risque de faire grincer quelques dents.
Une idée volontairement provocatrice.
Une idée qui, je l’espère, te donnera autant envie de rire que de réfléchir.
Et si on apprenait enfin à devenir de parfaites feignasses ?
Good enough : Le jour où je suis devenue une « feignasse »
Je ne sais pas quel a été ton déclic.
Moi, il n’est pas arrivé un lundi matin, ni après un burn-out.
Il est arrivé un soir complètement banal.
J’ai commandé des pizzas.
Et pendant que les enfants étaient ravis, moi, je culpabilisais.
Parce que je n’avais pas « vraiment » cuisiné.
Avec le recul, cette scène me fait sourire.
Pas parce qu’elle est exceptionnelle.
Parce qu’elle est terriblement ordinaire.
Combien de fois t’es-tu déjà traitée de feignasse parce que tu as acheté une pâte à tarte toute prête ? Parce que tu as lancé un dessin animé pour souffler 20 minutes ? Parce que le linge propre est resté 2 jours dans son panier ? Parce que le sol n’a pas été lavé cette semaine ?
Et maintenant, pose-toi une vraie question.
Qui t’a appris qu’une femme devenait une feignasse à ce moment-là ?
Parce que, soyons honnêtes…
Quand un homme entre dans le salon, il voit… un salon.
Quand j’entre dans le même salon, je vois les miettes sous la table basse, la plante qui commence à pencher, le plaid qui n’est pas plié, le panier de linge qui attend dans le couloir, les piles des télécommandes à changer, le cadeau d’anniversaire de samedi que je n’ai toujours pas commandé et cette fichue ampoule qu’il faudrait penser à remplacer.
Le salon n’est plus une pièce.
C’est une to-do list en 3D.
Et je suis prête à parier que toi aussi, tu vois des listes partout.
Pas parce que nous sommes plus organisées.
Parce que nous avons appris à porter en permanence ce poids invisible qu’on appelle la charge mentale.
Alors forcément, le jour où l’on décide de ne pas tout faire…
On a l’impression de ne plus faire assez.
C’est fou, quand on y pense.
Une femme peut enchaîner une journée de travail, gérer les enfants, répondre aux messages de l’école, lancer une machine, prendre un rendez-vous chez le dentiste, vider le lave-vaisselle, aider aux devoirs, préparer le repas…
…et terminer sa journée en disant :
« Aujourd’hui, je n’ai rien fait. »
Rien.
Ce mot me sidère.
Parce qu’il raconte à lui seul tout ce que notre époque attend des femmes.
Toujours plus.
Toujours mieux.
Toujours sans se plaindre.
Alors oui.
À partir du moment où refuser de s’épuiser fait de moi une feignasse…
Je crois qu’il est temps de revoir sérieusement la définition du mot.


La culpabilité maternelle : cette charge mentale que personne ne voit
Il y a une phrase que j’entends trop souvent.
« J’ai pris une journée pour moi… mais je culpabilisais. »
Pas parce que les enfants allaient mal.
Pas parce que la maison brûlait.
Non.
Juste parce qu’elle n’était pas en train de faire quelque chose d’utile… pour les autres.
C’est là que je pousse mon coup de gueule.
Pourquoi une maman devrait-elle toujours mériter son repos ?
Pourquoi faudrait-il attendre d’être malade, au bout du rouleau ou complètement épuisée pour avoir enfin le droit de ne rien faire ?
On ne demande jamais à un enfant s’il a « mérité » son après-midi à jouer.
On ne demande jamais à un homme s’il a « mérité » sa partie de jeu vidéo entre copains.
Mais une maman, elle, semble devoir justifier chacune de ses respirations.
Et si elle prend une heure pour lire un livre, boire un café en terrasse ou simplement regarder une série…
Une petite voix lui souffle qu’elle aurait pu vider le lave-vaisselle.
Ou répondre à ce mail,
ou appeler sa mère,
ou ranger les jouets,
ou préparer les menus de la semaine.
Comme si chaque minute de sa journée devait produire quelque chose.
Comme si exister ne suffisait plus.
Cette culpabilité est devenue tellement banale qu’on finit par la considérer comme normale.
Je refuse cette idée.
Parce qu’à force de toujours vouloir optimiser nos journées, nous avons oublié quelque chose d’essentiel : une maman n’est pas une machine à cocher des cases.
C’est une femme.
Une femme qui a le droit de rire, de s’ennuyer, de rêver, de sortir, de remettre le ménage à demain, de s’acheter une robe sans avoir une occasion particulière pour la porter.
Être maman ne devrait jamais effacer la femme.
Au contraire…
Je suis convaincue qu’une femme épanouie fait une maman plus heureuse.
Et une maman heureuse vaut mille fois mieux qu’une maman parfaite.
Maman Good Enough : et si « suffisamment bien » était enfin suffisant ?
Pendant des années, j’ai cru qu’il fallait choisir.
Être une bonne maman,
ou penser un peu à moi.
Comme si les deux étaient incompatibles.
Puis j’ai découvert le concept du Good Enough.
Littéralement : « suffisamment bien ».
Au début, cette idée m’a presque vexée.
Comment ça, suffisamment bien ?
Moi, je voulais faire les choses correctement.
Recevoir dans une maison impeccable.
Préparer de bons petits plats.
Être présente pour tout le monde.
Ne rien oublier.
Ne jamais décevoir.
Et puis j’ai compris que le Good Enough n’était pas un renoncement.
C’était une libération.
Une maison propre n’a pas besoin d’être parfaite tout le temps.
Un dîner n’a pas besoin d’être fait maison pour créer un beau souvenir.
Un anniversaire n’a pas besoin de ressembler à Pinterest pour faire briller les yeux d’un enfant.
Et une maman n’a pas besoin d’être exceptionnelle tous les jours pour être une excellente maman.
C’est peut-être ça, finalement, la philosophie de la Slow Maman.
Arrêter de chercher la perfection partout.
Et choisir ce qui compte vraiment.
Mettre toute son énergie dans les moments qui remplissent le cœur… plutôt que dans ceux qui ne remplissent que les cases d’une liste.
Parce que je préfère mille fois dîner autour d’une pizza en riant avec mes enfants que passer deux heures derrière les fourneaux pour finir le repas épuisée.
Je préfère sortir me promener plutôt que de repasser des draps qui seront froissés le soir même.
Je préfère avoir quelques moutons sous le canapé et des souvenirs plein la tête que l’inverse.
Être une Maman Good Enough, ce n’est pas faire moins.
C’est faire mieux.
Mieux pour soi.
Mieux pour sa famille.
Mieux pour cette petite fille qui grandit en nous regardant et qui apprendra, elle aussi, ce qu’est une femme… à travers l’exemple que nous lui donnons.
Et si nous voulons lui apprendre qu’elle a le droit d’être heureuse, alors peut-être est-il temps de nous autoriser à l’être, nous aussi.
Le manifeste de la parfaite feignasse (version Slow Maman)
Aujourd’hui, j’ai envie de signer un manifeste.
Pas celui des femmes parfaites.
Pas celui des mamans qui réussissent tout.
Encore moins celui de celles qui donnent l’impression de flotter au-dessus du chaos avec une cuisine impeccable, des enfants toujours bien coiffés et des lunchbox dignes d’Instagram – Photo !
Non.
Aujourd’hui, je signe celui des parfaites feignasses.
De celles qui ont compris que leur valeur ne se mesure pas au nombre de machines qu’elles lancent dans une journée.
Je signe pour toutes celles qui commandent des pizzas sans s’excuser.
Pour celles qui osent dire :
« Non. Pas aujourd’hui. »
Pour celles qui ne plient pas le linge dès qu’il sort du sèche-linge.
Pour celles qui laissent leurs enfants s’ennuyer au lieu d’organiser chaque minute de leurs vacances.
Pour celles qui ferment l’ordinateur à l’heure.
Pour celles qui repoussent le ménage parce qu’elles ont préféré boire un café en terrasse.
Pour celles qui achètent des légumes surgelés.
Pour celles qui oublient parfois.
Pour celles qui demandent de l’aide.
Pour celles qui ne veulent plus être des héroïnes.
Parce que les héroïnes, dans les films, finissent toujours par sauver tout le monde.
Dans la vraie vie, elles finissent surtout épuisées.
Moi, je n’ai plus envie d’être admirable.
J’ai envie d’être disponible.
Disponible pour rire,
pour aimer,
pour respirer,
pour écrire.
Et si cela fait de moi une parfaite feignasse…
Alors je crois que je suis enfin sur le bon chemin.
Si prendre soin de soi fait de moi une feignasse, alors je signe tout de suite !
Good enough : Être une maman heureuse vaut mieux qu’être une maman parfaite
Je ne te demande pas d’arrêter de faire le ménage.
Ni de commander des pizzas tous les soirs.
Ni de laisser le linge s’empiler pendant trois semaines.
Ce n’est pas ça, être une Maman Good Enough.
Je te propose simplement une autre boussole.
Avant de dire oui, demande-toi si tu en as vraiment envie.
Avant de culpabiliser, demande-toi qui t’a appris à culpabiliser.
Avant de vouloir être parfaite, demande-toi si tes enfants ont vraiment besoin d’une maman parfaite…
…ou simplement d’une maman heureuse.
Parce que je crois profondément que nos enfants n’ont pas besoin de grandir dans une maison parfaite.
Ils ont besoin de grandir auprès d’une femme qui leur montre qu’on peut prendre soin des autres sans s’oublier soi-même.
Une femme qui rit,
qui se repose,
qui poursuit ses rêves.
Qui porte des baskets un jour, des talons le lendemain, et qui ne demande la permission à personne d’être pleinement elle-même.
C’est ça, pour moi, la Slow Maman.
Une maman qui a compris que ralentir n’est pas renoncer.
C’est choisir.
Choisir de consacrer son énergie à ce qui compte vraiment.
Et si, aux yeux de certains, cela fait de nous de parfaites feignasses…
Alors je nous souhaite d’être de plus en plus nombreuses.
Et toi, tu assumes ton côté « parfaite feignasse » ?
❤️ Je signe le manifeste !
😆 Je suis déjà une parfaite feignasse (et je l’assume) !
☹️ J’aimerais tellement y arriver…