Mal vivre sa grossesse : mon témoignage et les conseils que j’aurais aimé entendre

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Profite, ça passe vite”… vraiment ?

On te l’a forcément dit.
Peut-être même plusieurs fois.
“Profite de ta grossesse, ça ne dure pas longtemps.”

Tu hoches la tête. Tu comprends. Tu sais que c’est vrai.
Et pourtant…

Entre la fatigue, le corps qui change trop vite, les émotions en vrac et ce sentiment étrange de ne plus vraiment te reconnaître, profiter devient presque abstrait.

Parce que la réalité, c’est que parfois, la grossesse n’est pas douce.
Elle est lourde – au 1er degré, comme au 2e.
(Très) Inconfortable. Déroutante.

Et c’est exactement là que le piège se referme :
tu sais que tu devrais profiter… mais tu n’y arrives pas.

Et un jour, c’est fini.

Quand ton corps devient un étranger

Quand j’attendais mon fils, je n’ai pas aimé être enceinte.

Pas “un peu gênée”.
Pas “fatiguée mais heureuse”.

Non. Je n’aimais pas mon corps. Pas du tout.

J’avais pris 30 kilos.
Mon visage était gonflé, mes jambes lourdes, mes bras trop gros.
Mon corps entier devenait douloureux dès la fin de journée, comme un hématome vivant.

Marcher 10 minutes était devenu un effort.
Dormir me donnait des nausées.
La chaleur me coupait presque un sens.
Ma peau tirait, me grattait, se marquait comme si elle allait céder.

Et surtout… je ne me reconnaissais plus.

Alors j’ai fait ce que beaucoup font sans oser le dire :
j’ai détourné le regard.

Je ne regardais plus les autres femmes enceintes.
Je ne me regardais plus moi.

Survivre au lieu de vivre

Je m’étais mise en mode automatique.

“Je dois tenir pour mon fils.”

Je comptais les semaines.
Je rayais les jours sur mon calendrier.

Je ne vivais pas ma grossesse.
Je l’attendais.

Chaque miroir devenait un ennemi.
Chaque reflet, un rappel de ce que je ne supportais pas.

Alors j’ai fui.

Pas de photos.
Pas de souvenirs.
Pas de moments figés.

Juste une période à traverser. À endurer. À oublier.

Sur le moment, ça semblait logique.
Presque nécessaire.

Mais avec le recul… c’était une fuite.

Le jour où tu comprends que c’est déjà fini

Et puis un jour, ton bébé est là.

Et tout change.

La fatigue est toujours là.
Ton corps est encore marqué.
Tu marches comme un zombie après une césarienne.

Mais bizarrement… ce n’est plus ça que tu vois.

Tu vois ton enfant.
Tu vois le début de quelque chose d’immense.

Et là, une autre réalité apparaît, doucement :
Ta grossesse est déjà derrière toi.

Ces mois qui te semblaient interminables…
ont disparu.

Et avec eux, tous les moments que tu n’as pas vraiment vécus.

Aujourd’hui, je n’ai aucune photo de moi enceinte de mon fils.
Aucun souvenir visuel. Rien à lui montrer.

Juste des fragments dans ma mémoire.
Et déjà, ils s’effacent.

Quatre ans plus tard, il ne reste presque rien.
Et c’est là que le regret s’installe.

Ce que j’aurais aimé comprendre plus tôt

J’aurais aimé me regarder dans un miroir et me dire :
“Tu n’es pas horrible. Tu es enceinte.”

J’aurais aimé accepter ces rondeurs temporaires.
Les apprivoiser au lieu de les fuir.

J’aurais aimé :

  • faire du shopping
  • aller chez le coiffeur
  • prendre soin de moi
  • me sentir femme, malgré tout

Pas parfaite.
Pas transformée en déesse Instagram.
Juste… vivante dans ce moment.

Parce qu’au fond, ce n’était pas mon corps le problème.
C’était mon regard sur lui.

Ironique, quand on pense que j’ai toujours admiré les femmes rondes qui s’assument.

Mais moi, je n’y suis pas arrivée.
Et oui, aujourd’hui je peux le dire :
C’est un regret !

À toi, future maman : ne passe pas à côté

Si tu es enceinte aujourd’hui, je ne vais pas te mentir :

Oui, ça peut être dur.
Très dur même – Tu n’imagines pas comment je comprends.
Tu es dans ta bulle, parfois avec de mauvais échos.

Tu peux te sentir (très) lourde, fatiguée, à côté de toi-même.
Tu peux ne pas aimer ton reflet.

Et tu as le droit.

Mais n’attends pas pour vivre. Jamais.

Ne mets pas ta vie entre parenthèses
“En attendant que ça passe”.
Parce que ça passe. Et très vite.

Bouge-toi, même doucement.
Fais des choses pour toi.
Capture des moments, même imparfaits.

Pas pour les autres.
Pas pour Instagram.

Pour toi.
Et pour ce bébé qui, un jour, regardera ces images.

Parce que la grossesse, ce n’est pas juste une épreuve.
C’est le tout début de son histoire.

Et tu mérites de t’en souvenir autrement que comme une période que tu as subie.

La slow maternité commence bien avant la naissance

On parle souvent de slow maternité après la naissance.
Ralentir, savourer, profiter.

Mais en réalité, tout commence bien avant.

Pendant ces mois où ton corps change, où ta vie bascule doucement.

La slow maternité, ce n’est pas une question de rythme parfait.
C’est une question de présence.

Même dans l’inconfort.
Même dans le doute.
Même quand tu ne te reconnais pas.

Parce que ces moments-là, aussi imparfaits soient-ils…
ne reviendront pas.

Et si tu arrêtais d’attendre que ça passe… qu’est-ce que tu pourrais vivre dès maintenant, même imparfaitement ?

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