Télé dans la chambre : bonne ou mauvaise idée ?

Couple souriant allongé dans un lit regardant la télévision, moment de détente et de complicité dans la chambre parentale

Ce débat qui dépasse largement l’écran

La télé dans la chambre parentale.
Pour certains, le verdict est immédiat : c’est la mort du couple. Comme une évidence. Comme si la simple présence d’un écran suffisait à expliquer un éloignement, une fatigue, une baisse de désir ou une perte de lien.

Et pourtant, ce jugement rapide interroge. Parce qu’il suppose qu’une chambre parentale devrait forcément répondre à un modèle précis. Un modèle idéalisé, presque fantasmé. Alors avant de parler de télé, peut-être faut-il revenir à la base : qu’est-ce qu’une chambre parentale, dans notre imaginaire collectif ?

La chambre parentale idéale : cette chambre d’hôtel qu’on projette tous

Quand on pense à une chambre parentale “idéale”, on pense rarement à celle de notre quotidien. On pense plutôt à une chambre d’hôtel. Un lieu épuré. Calme. Déconnecté. Un espace où le monde extérieur n’existe plus. Un endroit où l’on se pose, où l’on se retrouve, où l’esprit décroche enfin.

Dans cet imaginaire, la chambre parentale est une pièce à part dans la maison. Elle incarne le couple. L’intimité. Le repos. L’évasion. C’est un lieu où l’on ne travaille pas, où l’on ne range pas, où l’on ne gère rien. Un lieu presque sacralisé – Enfin ça, c’est la théorie.

Et c’est précisément là que naît le décalage.
Parce que cette projection-là est belle… mais rarement alignée avec la réalité d’un couple parental. Une réalité faite de fatigue, de journées trop pleines, de cerveaux qui ont du mal à s’éteindre, de rythmes parfois décalés.

On attend de la chambre qu’elle soit tout à la fois : refuge, cocon, espace de désir, lieu de connexion. Et quand elle ne coche pas toutes les cases, on cherche un responsable.

Souvent, on pointe l’écran.

La télé : cause ou conséquence ?

La télévision devient alors le symbole parfait.
Facile à désigner. Facile à accuser.

On dit qu’elle empêche de parler.
Qu’elle remplace l’échange.
Qu’elle coupe le lien.

Mais si on regarde de plus près, la question mérite d’être retournée.
Est-ce vraiment la télé qui crée la distance… ou est-ce qu’elle s’installe là où la distance existe déjà ?

Dans un couple, il y a des phases. Des périodes de grande connexion. D’autres plus silencieuses. Des soirs où l’on a envie de refaire le monde, et d’autres où l’on a juste besoin d’être là, ensemble, sans parler.

La télé ne crée pas la fatigue.
Elle ne crée pas la charge mentale.
Elle ne crée pas les non-dits.

Elle arrive souvent après.
Comme une réponse. Comme un accompagnement. Parfois comme un pansement.

Et c’est là que la vraie question commence à émerger :
si l’écran devient un problème, est-on sûr que c’est le bon sujet ?
Ou est-ce qu’il masque autre chose, de plus profond, de plus inconfortable à regarder ?

Un objet neutre pour des usages multiples

Parce que la télé n’est pas qu’un écran noir qui vole du temps et du désir.
Elle peut aussi être un espace d’évasion. Un support de partage. Un terrain commun.

Regarder ensemble un événement qu’on attend.
Se retrouver autour d’une série.
Rire, commenter, débattre, s’émouvoir.
Parfois même se laisser inspirer, donner des idées, créer une ambiance.

La télé peut être un sujet de discussion. Un lien, voir un déclencheur.

Et oui, parfois, elle peut même jouer un rôle plus intime. Parce que l’inspiration ne vient pas toujours du silence absolu.

Comme pour beaucoup de choses, on confond souvent l’objet et son usage.
L’objet et sa consommation.

Ce n’est pas la présence de la télé qui pose question, mais la manière dont elle s’impose. Est-ce qu’elle est choisie ou automatique ? Est-ce qu’elle accompagne un moment ou le remplace ? Est-ce qu’elle est au service du couple… ou est-ce le couple qui s’adapte à elle ?

La nuance est là. Toujours.

Ce n’est pas la télé qu’il faut juger, mais la place qu’on lui donne

La télé dans la chambre n’est ni bonne ni mauvaise en soi.
Elle révèle surtout la dynamique du couple qui l’utilise.

Quand le lien est là, un écran ne le détruit pas.
Quand le lien est fragile, l’écran devient un coupable idéal.

Ce n’est pas la télé qu’il faut interroger, mais ce qu’on attend de nos moments à deux. Le besoin de parler. Le besoin de silence. Le besoin d’être ensemble, différemment selon les soirs.

Et pour être totalement honnête — parce que la vérité a aussi sa place ici — je suis en couple depuis 20 ans. Avec une télé dans la chambre. Et tout va bien.

Parce que chez nous, c’est la télé qui nous sert.
Pas l’inverse.

Et peut-être que la vraie question n’est pas faut-il une télé dans la chambre ?
Mais plutôt : est-ce que ce qu’on partage encore ensemble nous ressemble vraiment ?

Et toi, la télé dans la chambre, c’est un refuge, un plaisir partagé… ou un sujet que tu n’avais jamais vraiment questionné jusqu’ici ?

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