Charge mentale : l’autre contrat de mariage dont personne ne vous parle

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Et si le plus grand défi du mariage n’était pas celui qu’on nous enseigne ? Shefa-K partage son histoire.

Chronique invitée

Shefa-K

« Mettre des mots sur ce que tant de femmes vivent en silence. »

Maman de 3 enfants et fière quadragénaire, je suis Shefa-K, passionnée d’écriture. À travers mes textes, je pose des mots sur ce que beaucoup de femmes ressentent sans toujours oser le dire.

Je partage un regard sincère, sans détour et sans culpabilité sur la vie des mamans en couple. Parce qu’on peut aimer profondément sa famille tout en se sentant parfois submergée.

Ici, je parle de charge mentale, du quotidien avec les enfants, des défis du couple et de cette recherche permanente d’équilibre entre être femme, épouse et maman.

Mon objectif ?
Briser les tabous, partager autant les victoires que les doutes et offrir un espace où chacune pourra se sentir comprise, écoutée et surtout… un peu moins seule.

Bienvenue dans mon univers.
Ici, zéro injonction à la perfection. Juste de la sincérité et beaucoup de sororité.

Quand j’ai rencontré Koffi, nous avons beaucoup parlé d’amour, de communication et
d’écoute. La préparation au mariage s’est voulue riche de bons conseils : savoir dire
pardon, s’offrir du temps à deux, ne jamais se coucher fâchés. On nous a même
évoqué la gestion du budget. Mais jamais , jamais , on n’a parlé du grand tabou : la
répartition invisible des tâches du quotidien et l’abîme de la charge mentale.

Aujourd’hui, nous avons deux merveilleux enfants : Lila, 3 ans, et Ayana, tout juste 3
mois. Je suis maman au foyer – enfin, « au foyer » est un mot bien trop sage pour
décrire un emploi à temps plein où les concepts de « pause déjeuner » ou de « RTT »
n’existent pas. C’est un travail invisible, gratuit et sans fin, où l’on ne s’assoit jamais
vraiment. Mon mari, Koffi, travaille à temps partiel. Mais à la maison, c’est comme si
son contrat de travail s’arrêtait en franchissant la porte, tandis que le mien se poursuit
en continu, 24 heures sur 24.

Chaque matin, je me lève fatiguée d’avoir déjà planifié toute la journée durant la nuit.
La charge mentale d’une mère au foyer ne s’arrête jamais : c’est moi qui gère le stock
des couches, prévois les rendez-vous chez le pédiatre, anticipe la taille des vêtements
à changer pour la saison suivante, et calcule l’heure exacte de la machine à étendre
pour que le doudou fétiche soit sec avant le coucher. Impossible de tout déléguer.
Même si Koffi participe parfois de bon coeur (seulement quand je le lui demande ),
cela me demande encore l’effort de formuler la consigne. Je reste la directrice des opérations, celle qui porte la responsabilité finale de la bonne marche de notre foyer.
S’il y a une « crise biscuit » à 16h, c’est mon organisation qui est questionnée, pas la
sienne.

La charge mentale, je ne la connaissais pas avant de la vivre.

La charge mentale, je ne la connaissais pas avant de la vivre. C’est ce poids invisible,
ce GPS interne qui calcule constamment des itinéraires de secours dans ma tête,
même quand mon corps est épuisé. Ce n’est pas un reproche contre Koffi : il est
volontaire, mais il n’a pas appris à « voir » le travail domestique. Mes parents m’ont
éduquée, préparée à aimer, à être une épouse, mais pas à devenir le manager
logistique d’une micro-entreprise familiale.

Je rêve de voir évoluer les conseils donnés aux futurs époux : pendant les
préparations au mariage, qu’on parle vrai, qu’on ose aborder ensemble le partage
équitable de la charge cognitive. Sensibiliser à cette réalité, c’est offrir aux mamans
comme moi le plus beau cadeau : celui de ne plus porter seules le poids du foyer, et
de pouvoir, enfin, s’autoriser à déconnecter pour de vrai.

Shefa-K

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Les chroniques invitées accueillent des voix inspirantes qui partagent leurs expériences, leurs réflexions et leur vision de la vie. Parce qu'il existe mille façons de prendre un peu plus de place dans sa propre histoire.

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