Et si le plus grand acte de rébellion d’une maman était simplement… de ne plus faire ce qu’on attend d’elle ?
Après plusieurs années à occuper simultanément les postes de directrice logistique, responsable des stocks de papier toilette, secrétaire médicale, organisatrice d’anniversaires et détective spécialisée dans les chaussettes disparues, j’ai décidé de revoir mon contrat.
Parce qu’entre nous, ma fiche de poste polyvalente commence sérieusement à ressembler à l’annuaire des métiers. Sans prime, sans RTT et avec une permanence téléphonique assurée même sous la douche.
Alors voilà, j’envisage le quiet quitting à la maison. Une petite démission silencieuse, version maman quadra. Pas question de faire mes valises. Simplement de rendre quelques responsabilités qui, bizarrement, ont toujours fini sur mon bureau.
Et si c’était ça, finalement, alléger sa charge mentale ?
Le quiet quitting, ou l’art de ne plus en faire des tonnes
Dans le monde du travail, le quiet quitting consiste à ne plus dépasser systématiquement les missions prévues dans son contrat. On fait son travail correctement, mais on arrête de multiplier les efforts supplémentaires comme si notre vie en dépendait.
Rien à voir avec la paresse. Il s’agit de remettre des limites là où elles ont tranquillement disparu.
Sauf qu’à la maison, les limites, c’est une autre histoire.
Personne ne nous a jamais fait signer de contrat. Pourtant, beaucoup de mamans se retrouvent naturellement promues responsables de l’organisation familiale. Sans entretien d’embauche, évidemment.
Il faut prévoir, anticiper, vérifier, rappeler, commander, réserver, consoler, retrouver et recommencer.
Le tout en ayant parfois un emploi à temps plein à côté.
Au bureau, les heures supplémentaires se comptent. À la maison, elles s’appellent simplement être maman.
Et le pire ? C’est qu’on finit par trouver cette organisation parfaitement normale. Enfin, jusqu’au jour où notre cerveau commence sérieusement à réclamer des congés.
La charge mentale, cette mission invisible qui ne prend jamais de vacances
Le problème, ce n’est pas forcément de faire les courses ou de lancer une machine.
C’est de savoir qu’il faut faire les courses avant que le frigo soit vide. De penser au cadeau d’anniversaire 3 semaines avant la fête. De remarquer que les chaussures des enfants deviennent trop petites.
C’est connaître les rendez-vous, retrouver les papiers importants et anticiper ce dont tout le monde aura besoin.
Même tranquillement installée dans mon canapé, je peux avoir l’impression que 15 petits onglets restent ouverts dans ma tête. Et aucun bouton pour tout fermer.
Et quand on demande de l’aide, on obtient parfois cette merveilleuse réponse : « Mais fallait me le dire ! »
Justement. Pourquoi faudrait-il toujours le dire ?
Je ne veux pas qu’on m’aide à penser au dentiste. Je veux arrêter d’être la seule à devoir y penser.
Parce que faire les choses, c’est une responsabilité. Mais devoir penser à tout pour que les autres puissent agir, c’en est une autre.
Et c’est précisément celle-là que j’aimerais retirer de ma fiche de poste.
D’ailleurs, si toi aussi tu as parfois l’impression de piloter une multinationale depuis ta cuisine, quelques micro-changements pour alléger le quotidien peuvent déjà faire une vraie différence.
Mon quiet quitting domestique : les 5 missions que je rends à l’expéditeur
Attention, il ne s’agit pas de lancer une mutinerie familiale. Simplement de redistribuer quelques missions qui n’ont aucune raison de porter systématiquement l’étiquette « maman ».
Excellente question. Peut-être dans ton armoire ? Sous ton lit ? Dans cet univers parallèle où disparaissent les chaussettes ?
Désormais, le service des objets trouvés encourage ses usagers à effectuer leurs propres recherches. Et non, appeler « MAMAAAAN » 3 fois plus fort ne constitue pas une méthode d’investigation.
Pourquoi faudrait-il qu’une seule personne maîtrise en permanence l’inventaire du foyer ?
Celui qui termine un produit peut parfaitement le noter sur la liste des courses. Voire le remplacer. Je sais, c’est audacieux.
Une information partagée, oui. Une assistante personnelle disponible gratuitement 24 h/24, beaucoup moins.
J’adore organiser de bons moments en famille. Mais j’aimerais aussi, de temps en temps, découvrir le programme.
Sans avoir comparé 15 restaurants, 3 itinéraires et les horaires d’ouverture du musée.
Parce que lorsqu’on délègue, il faut accepter que les choses soient faites autrement.
Une serviette pliée bizarrement reste une serviette pliée. Un lave-vaisselle rempli différemment du mien n’est pas nécessairement une catastrophe nationale.
Et si je repasse systématiquement derrière tout le monde, difficile de reprocher aux autres de me laisser tout gérer.
Quand maman démissionne, qui reprend le poste ?
C’est là que le quiet quitting domestique devient intéressant.
Parce qu’arrêter de faire ne signifie pas automatiquement que quelqu’un d’autre prendra le relais. Et certaines responsabilités, notamment celles qui concernent les enfants, ne peuvent évidemment pas rester en suspens.
Il faut donc parler, répartir les missions et accepter que chacun ait sa manière de fonctionner.
Surtout, il faut transférer la responsabilité entière d’une tâche, pas simplement son exécution.
Parce que demander à son conjoint de prendre rendez-vous chez le dentiste, tout en lui rappelant 3 fois de téléphoner, ce n’est pas vraiment déléguer.
Si je dois expliquer, rappeler et vérifier chaque tâche, je n’ai pas démissionné. Je suis devenue manager.
Et franchement, j’avais déjà assez de casquettes.
Évidemment, tous les foyers ne fonctionnent pas de la même manière. Certains couples partagent naturellement les responsabilités. D’autres ont trouvé une organisation qui leur convient.
Mais quand une personne commence à s’épuiser à tout anticiper, c’est peut-être le moment d’envisager une petite détox mentale collective.
Parce que non, alléger sa charge mentale ne devrait pas être une énième mission confiée exclusivement à maman.
Aimer sa famille, oui. S’oublier dans l’opération, non !
Et si on arrêtait de confondre amour et disponibilité illimitée ? Dans Maman first : 10 leçons pour aimer sans s’oublier , on remet enfin maman au cœur de ses propres priorités. Sans culpabilité et sans demander la permission.
Et si même les mamans Good Enough avaient le droit de démissionner ?
Voilà où ma philosophie de maman Good Enough prend tout son sens.
On nous encourage régulièrement à lâcher prise, à accepter une maison imparfaite et à arrêter de vouloir tout contrôler.
Très bien. Mais pourquoi le lâcher-prise devrait-il encore devenir une responsabilité supplémentaire pour les mamans ?
Parce qu’à force de vouloir être une bonne mère, une bonne compagne, une bonne professionnelle et une femme qui prend soin d’elle, on finit parfois par transformer le quotidien en gigantesque tableau de performances.
Et même quand on décide de ralentir, on se demande si on ralentit correctement. Un comble !
C’est aussi pour ça que j’aime l’idée de ralentir pour mieux vivre. Pas pour atteindre une nouvelle perfection, mais pour retrouver un quotidien qui nous ressemble.
Au fond, c’est quoi une slow maman ? Certainement pas une femme qui doit réussir à être zen en permanence !
Une maman Good Enough peut aimer cuisiner sans devoir prévoir tous les repas. Adorer les anniversaires sans gérer toutes les invitations. Prendre soin de sa famille sans devenir indispensable à chaque minute.
Je ne démissionne pas de mon rôle de maman. Je démissionne de l’idée que tout doit passer par moi.
Parce que notre vie de femme mérite aussi sa place. Une vraie place, pas les 15 minutes qui restent entre une lessive et la préparation du dîner.
Ma démission est refusée ? Tant pis, on va renégocier !
Soyons réalistes. Il suffit rarement d’annoncer sa démission pour que la réorganisation familiale se fasse miraculeusement.
Il faudra discuter, ajuster, parfois rappeler les engagements pris. Et apprendre, nous aussi, à ne pas tout reprendre en main au premier imprévu.
Mais ce n’est pas une raison pour conserver éternellement une fiche de poste devenue ingérable.
Parce que j’aime ma famille, justement, j’ai envie de partager autre chose avec elle qu’une succession de missions à accomplir.
Alors non, je ne quitte pas mon poste de maman. Celui-là, je l’aime beaucoup trop.
En revanche, le contrat de superwoman polyvalente à durée indéterminée ? Il est grand temps de le renégocier.
Et cette fois, je compte bien lire les petites lignes.
Et toi, si tu pouvais démissionner d’une seule mission à la maison, laquelle rendrais-tu dès demain ?
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Mila Clapelin
Salut, c'est Mila. Je suis une blogueuse slow, une maman quadra et une grande adepte du « good enough ». Ici, je te parle de vie de femme, de maison, de charge mentale, de décoration et de toutes ces petites choses qui nous aident à prendre un peu plus de place dans nos vies. Bienvenue dans mon univers. Fais infuser ton thé, installe-toi.